Fraude au faux RIB ou au virement : que faire dès maintenant ?
Par l'Équipe Remove Me · Publié le 7 novembre 2026 · 7 min de lecture
En bref
Alertez immédiatement votre banque pour tenter de suspendre le virement ou, s'il est parti, demander le retour des fonds. Prévenez le créancier dont l'identité a été usurpée, conservez les preuves, changez votre mot de passe de messagerie, puis déposez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou auprès du procureur.
Cet article fait partie du guide complet : Se protéger du phishing, du spam et du démarchage : guide complet
Vous venez de comprendre que votre virement est parti vers le compte d'un escroc, ou vous hésitez avant de payer. Dans les deux cas, ce qui compte, c'est l'ordre des gestes. Cette fiche les reprend un par un, en s'appuyant sur la fiche réflexe de Cybermalveillance.gouv.fr.
Ce que c'est, concrètement
Vous attendez une facture d'un artisan, d'un notaire, d'un avocat ou d'un propriétaire. Un message arrive, qui ressemble à tous les précédents. Il vous demande de régler par virement. Une facture est jointe, avec un RIB.
Le RIB est faux. Il contient les coordonnées d'un compte bancaire détenu par un escroc. Si vous payez, l'argent part chez lui et non chez votre créancier.
C'est ce qu'on appelle la fraude au virement, ou arnaque au faux RIB. L'escroc se fait passer pour un créancier avec lequel vous êtes déjà en relation. Il s'agit donc d'une usurpation d'identité, mais d'une identité que vous connaissez et en laquelle vous avez confiance.
Cette escroquerie suit souvent le piratage d'une messagerie. Il peut s'agir de celle du créancier, ou de la vôtre si l'escroc en a pris le contrôle. Il repère ainsi un paiement imminent ou récurrent entre vous et votre créancier, puis écrit au bon moment.
Les signaux qui doivent vous arrêter
La fiche de référence insiste sur quelques situations précises :
- un message vous demande de régler un impayé par virement ;
- le RIB indiqué est un RIB que vous n'avez jamais utilisé ;
- une facture jointe au message contient de nouvelles coordonnées bancaires ;
- un message vous pousse à communiquer le mot de passe de votre messagerie, ou à le saisir sur un site qui n'est peut-être pas le bon.
Un de ces signaux ne prouve pas à lui seul qu'il y a fraude. Il justifie en revanche une vérification avant de payer.
Si vous n'avez pas encore payé : un appel avant le virement
Le réflexe tient en une phrase : contactez directement votre créancier pour toute demande de virement vers un nouveau RIB reçu par message.
Appelez-le sur son numéro habituel, celui que vous aviez avant ce message. N'utilisez pas un numéro indiqué dans le message lui-même. Demandez-lui de confirmer le message et les coordonnées bancaires que vous avez reçues. Tant qu'il n'a rien confirmé, ne payez pas.
Si vous avez payé : les gestes, dans l'ordre
Respirez, puis agissez vite. Voici la marche à suivre proposée par Cybermalveillance.gouv.fr.
1. Alertez immédiatement votre banque
Signalez l'opération frauduleuse à votre banque. Si le virement n'est pas encore effectué, elle peut tenter de le suspendre. S'il l'est, demandez le retour des fonds.
Votre banque pourra exiger une copie de votre dépôt de plainte pour instruire votre demande. C'est une raison de plus de ne pas attendre pour porter plainte. Personne ne peut vous promettre que les fonds reviendront.
2. Prévenez le créancier dont l'identité a été usurpée
Informez-le au plus vite. Si vous avez reçu une fausse facture à son nom, il est possible que l'un de ses comptes de messagerie ait été piraté. Prévenu, il pourra prendre les mesures nécessaires : déposer plainte, changer ses mots de passe, alerter ses autres clients.
3. Conservez les preuves
Ne supprimez rien. Gardez :
- les messages reçus, notamment les e-mails ;
- les relevés de comptes ;
- les factures ;
- toute autre information utile pour signaler les faits.
Ces éléments peuvent avoir une valeur juridique si une procédure suit.
4. Vérifiez les paramètres de votre messagerie
Cherchez une redirection ou des règles de filtrage que vous n'avez pas créées. Si vous en trouvez, prenez des photos ou des captures d'écran avant de les supprimer. Ce sont aussi des preuves.
5. Changez votre mot de passe
Si l'escroquerie a pu venir du piratage de votre messagerie, changez immédiatement votre mot de passe et choisissez-en un solide.
6. Déposez plainte
En parallèle des démarches auprès de votre banque, vous pouvez porter plainte :
- au commissariat de police ;
- à la brigade de gendarmerie ;
- ou par écrit au procureur de la République du tribunal judiciaire dont vous dépendez.
Fournissez toutes les preuves en votre possession. Le dépôt de plainte doit intervenir dans les plus brefs délais après l'identification de l'escroquerie.
Si vous avez des éléments laissant penser que votre adresse e-mail, ou celle de votre interlocuteur, a été piratée, vous pouvez déposer plainte en ligne sur la plateforme THESEE du ministère de l'Intérieur.
Qui peut vous aider
Vous n'êtes pas obligé de tout gérer seul. Deux numéros gratuits sont indiqués dans la fiche :
- 116 006 : le numéro d'aide aux victimes du ministère de la Justice. Une association de France Victimes peut vous accompagner gratuitement dans votre démarche judiciaire. Service ouvert 7 jours sur 7, de 9h à 19h.
- 0 805 805 817 : la plateforme Info Escroqueries du ministère de l'Intérieur, pour obtenir des conseils. Service ouvert de 9h à 18h30, du lundi au vendredi.
Cybermalveillance.gouv.fr propose aussi de demander l'assistance technique d'un prestataire spécialisé si vous souhaitez être aidé par un professionnel.
Ce que dit la loi
Selon la situation, plusieurs infractions peuvent être retenues, d'après la fiche de Cybermalveillance.gouv.fr.
Escroquerie (article 313-1 du Code pénal). Elle consiste à tromper une personne, par un faux nom, une fausse qualité ou des manœuvres frauduleuses, pour qu'elle remette des fonds. Elle est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende.
Si l'escroquerie a été rendue possible par le piratage de la messagerie de la victime, deux autres infractions peuvent s'ajouter :
- l'accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données (article 323-1) : trois ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. Si des données ont été supprimées ou modifiées, ou si le fonctionnement du système a été altéré, la peine est de cinq ans et 150 000 euros ;
- l'atteinte au secret des correspondances (article 226-15) : un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
Ce sont les peines encourues par les auteurs. Elles ne disent rien de la manière dont votre dossier avancera.
Comment réduire le risque à l'avenir
La plupart de ces gestes protègent d'abord votre messagerie, puisque c'est souvent par là que l'escroc entre :
- vérifiez par téléphone, au numéro habituel, tout nouveau RIB reçu par message ;
- méfiez-vous des messages qui vous poussent à donner votre mot de passe de messagerie, et vérifiez qu'ils ne vous mènent pas vers un site frauduleux ;
- utilisez un mot de passe différent et complexe pour chaque site et chaque application ;
- activez la double authentification quand elle est disponible ;
- appliquez régulièrement les mises à jour de sécurité de vos appareils et de vos logiciels ;
- n'installez des applications que depuis les sites ou magasins officiels ;
- utilisez un antivirus, qui peut aider contre les virus voleurs de mots de passe.
Voir ce qui circule sur vous
Cette fiche porte sur la fraude au virement elle-même. Si vous souhaitez par ailleurs voir ce que le web montre de vous, l'analyse gratuite de Remove Me est là pour cela.
Elle ne demande aucun compte. Vous saisissez vos informations, et l'analyse cherche dans les résultats web publics, dans les fuites de données publiques connues (via Have I Been Pwned) et dans un registre de courtiers en données. Vous lisez ensuite votre bilan après avoir saisi un code à 6 chiffres reçu par e-mail.
Un bilan vide ne garantit rien : nous ne voyons que ce qui est publiquement accessible. Et Remove Me n'envoie pas encore de demande d'effacement en votre nom. L'analyse ne remplace ni les démarches auprès de votre banque ni un dépôt de plainte.
Questions fréquentes
- Que faire si j'ai déjà fait le virement vers un faux RIB ?
- Contactez votre banque tout de suite et demandez le retour des fonds. Elle pourra exiger une copie de votre dépôt de plainte pour instruire la demande.
- Comment vérifier un RIB reçu par message ?
- Appelez votre créancier sur son numéro habituel, pas sur un numéro indiqué dans le message. Demandez-lui de confirmer le message et les coordonnées bancaires reçues.
- Où déposer plainte pour une fraude au faux RIB ?
- Au commissariat de police, à la brigade de gendarmerie, ou par écrit au procureur de la République du tribunal judiciaire dont vous dépendez. Si vous pensez qu'une messagerie a été piratée, vous pouvez aussi porter plainte en ligne sur la plateforme THESEE du ministère de l'Intérieur.
- Faut-il changer mon mot de passe de messagerie ?
- Oui, si l'escroquerie a pu venir du piratage de votre messagerie. Changez-le immédiatement, choisissez un mot de passe solide et vérifiez qu'aucune redirection ni règle de filtrage n'a été ajoutée.
- Qui peut m'accompagner dans mes démarches ?
- Une association de France Victimes peut vous accompagner gratuitement au 116 006. La plateforme Info Escroqueries du ministère de l'Intérieur, au 0 805 805 817, donne aussi des conseils.
Sources
Notre méthode éditoriale
Cet article est rédigé par l'équipe Remove Me à partir des sources officielles citées ci-dessus. Nous le mettons à jour lorsque ces sources changent. Il informe, il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.
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